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La grande course des petits voiliers |
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| Un quart de siècle que cela dure ! Que des navigateurs traversent l’atlantique sur des voiliers de 6,50 m, face à des conditions parfois dantesques, totalement coupés du monde. |
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« Pour tous, nous courons à l’hécatombe. De toute part, on nous prophétise des naufrages et des noyades. Nous sommes fous à lier d’affronter l’Atlantique sur nos coques de noix… »
Daniel Gilard Premier Vainqueur en 1977. | Dingues, inconscients, masochistes, irresponsables, allumés... « Pour tous, nous courons à l’hécatombe. De toute part, on nous prophétise des naufrages et des noyades. Nous sommes fous à lier d’affronter l’Atlantique sur nos coques de noix… » Voilà ce qu’écrivait Daniel Gilard, le premier vainqueur de cette course atypique en 1977. Il aura fallu attendre le troisième millénaire, ou presque, pour que les autorités maritimes et les « voix autorisées » du milieu de la voile commencent à changer leur discours et comprennent que ce n’est ni la taille, ni le poids qui font d’un bateau un engin capable de traverser l’Atlantique.
Certains ont essayé sur des voiliers de plus de 12 m voire de 72 m : ils ont dû faire escale ou demander assistance ; d’autres sur un radeau de survie ou sur des skis flottants : ils sont arrivés. C’est donc « le syndrome de la longueur » que les prétendants à la traversée ont d’abord dû combattre. En 1977, les Affaires Maritimes avaient même interdit aux voiliers français de traverser la Manche pour rallier Penzance (au sud Ouest de l’Angleterre), port de départ choisi par Bob Salmon. Un personnage un peu loufoque qui s’était insurgé face à la démesure des Vendredi 13 (1972) ou Club-Méditerranée (1976) lors de l’Ostar, la transat anglaise entre Plymouth et Newport qui était alors la seule course au large en solitaire : la Route du Rhum sera créée en 1978 et la Solitaire du Figaro en 1979. |
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De la mesure contre la démesure |
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Contre ces monstres des mers où l’électronique remplaçait les bras, où le solitaire ne pouvait même pas envoyer ses voiles tout seul, non seulement les membres du yacht-club de Plymouth prirent des mesures drastiques ( limitation de la flottaison à 16 m) mais un ancien convoyeur décida qu’il était finalement possible de traverser l’Atlantique avec un petit budget sur un petit bateau. Bob Salmon créa ainsi la Mini-Transat, épreuve où seule la longueur de coque était limitée à 6,50. Direction Ténérife puis Antigua, soit plus de 4000 miles totalement coupé du monde, sans radio, sans GPS, sans balise pour plus d’un mois de mer… Les bateaux de série vinrent en force et démontrèrent ainsi leur capacité à affronter le gros temps : Serpentaire, Gros Plant, Muscadet, Surprise, Rêve de Mer, Edel…puis Coco, Pogo, Super Câlin. Mais, dès la deuxième édition, en 1979, arriva d’outre Atlantique un engin diabolique : Américan Express, un prototype doté de ballasts, premier exemplaire de ce que la mini apportera à la construction navale. Un laboratoire technologique grandeur nature qui sera à l’origine des développements des doubles safrans ou des dérives canards (1981), des gréements en kevlar (1983), des mâts carbones (1985), des bouts dehors orientables (1989), des quilles pendulaires (1991), des dérives latérales (1993), des transfilages en Vectran (1997)…Bref, tout ce qui est désormais admis et adopté par les « grands frères », les 60 pieds !
Sur les pontons de n’importe quelle course actuelle, près de la moitié des navigateurs ont débuté par cette traversée sur une coque de noix : Gilard, Van Den Heede, Mabire, Bruno et Loick Peyron, Harlé, Péan, Mundutéguy, Vittet, Parlier, Yvan et Laurent Bourgnon, Autissier, Guillemot, Thiercellin, Dubois, Stamm, Coville, Mac Arthur, Desjoyeaux…Ils sont quelques uns des 384 solitaires connus et méconnus qui sont arrivés de l’autre coté de l’océan…
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